Difficile de rester neutre, difficile d'être objectif, de garder son calme en parlant de cette soirée, où il y a tant de choses à dire dessus, tant d'actes incompréhensibles, tant de zones d'ombres à éclaircir. On pourrait en débattre des heures, chaque personne a son avis, son sentiment, sa version sur le sujet, et l'on peut dire qu'ils divergent tous. On vous l'a dit, notre but n'est PAS de défendre Santos les yeux fermés tels des supporters chauvins, et sans avouer que lui aussi a sa part de responsabilité, non, mais de vous expliquer au mieux le déroulement de cette soirée, d'être au plus prés de la vérité, et d'apporter soutien à Santos, il est LA notre but. Alors, en essayant d'être le plus juste possible, voici notre résumé, accompagné de liens d'articles de sites divers et de vidéos.
▪ Le déroulement de la soirée.
Mercredi 01 Octobre 2008, stade Vicente Calderòn à Madrid, pour une rencontre de Ligue des Champions opposant l'Atlético de Madrid à l'Olympique de Marseille. Nous sommes dans les alentours de 20h30, environ 15 min avant le coup d'envoi du match. Les supporters de l'OM se sont installés, et comme à leur habitude commencent à chanter, puis à déployer les quelques banderoles habituelles des groupes de supporters, dont une, qui les suit depuis 24 ans, dans tous les stades de France et d'Europe: celle des Ultras où il est écrit "Ultras 84" avec une tête de mort. Mais voilà, celle-ci semble déranger. Au moment où les supporters l'attachent, une agitation commence à se créer du côté espagnol. A la surprise des marseillais, des stadiers leur demandent de l'enlever soit-disant sous les ordres de l'UEFA. Ne comprenant pas la cause, les supporters décident de faire du forçing et de la laisser. Quelques minutes plus tard, la police espagnole appelée "Guardia Civil" monte dans le parcage marseillais. Et, tout de suite, on sent une ambiance électrique, leur présence pesante, agressif dans leur gestes et au ton de leur voix. Comprenant qu'il ne fallait pas les titiller, les supporters de l'OM décident alors calmement de cacher la tête de mort dérangeante par un drap. Puis soudain, ne prenant même pas la peine de discuter pour trouver un quelconque arrangement, la guardia civil se met à charger, poussant violemment les supporters, et sortant leur matraques. Incompréhension et stupeur chez les marseillais. Que se passe t-il ? Pourquoi cette charge ? Des tas de questions sans réponses. Un homme barbu, assez costaud, piercings, et tatouages sur les bras, casquette beige sur la tête, apparait, en train d'essayer d'instaurer un dialogue avec la police. C'est Santos Mirasierra. Parlant bien espagnol au vu de ses origines, il profite de cet avantage pour essayer de comprendre la guardia civil et de les calmer. Mais ces derniers n'en font qu'a leur tête, et continuent de frapper sans réfléchir, confondant le groupe de supporters avec du bétail. C'est alors qu'il décide de bousculer un policer frappant violemment un supporter juste devant son nez. Les quelques policiers dans les alentours ne tardent pas a arriver pour l'attraper et le frapper à son tour. Une vraie pagaille, la police frappait, que ce soit hommes,femmes,jeunes,plus âgés, peu importe. Certaines personnes étaient renversées de trois rangs plus bas, d'autres étaient couvertes de sang. Tandis que les sept supporters handicapés (six en fauteuil roulant et un non-voyant) eux, se faisaient bousculer et étaient la cible de jets de projectiles divers et multiple de la part des supporters madrilènes. René Poutet président du groupe Handi fan-club raconte: «Nous étions situés sur un terre-plein en gazon synthétique, derrière les buts du gardien espagnol, sans aucune sécurité. La tribune basse était distante d'une quinzaine de mètres. Dès que Niang a marqué, nous avons reçu une volée de projectiles. L'un de nos adhérents a reçu une bouteille pleine sur la jambe et a, depuis, un gros hématome. Il y a eu un sentiment de peur, je peux vous dire qu'un autre s'est fait dessus. Dans la foulée, un stadier espagnol est venu nous voir pour nous demander de partir [...] Des supporters nous montraient qu'ils allaient nous égorger. J'ai même vu une femme habillée de manière assez bourgeoise nous faire des doigts [...] En attendant de partir, ma fille a voulu se détendre en tentant de se soulever de son fauteuil roulant. Aussitôt, elle a été bousculée par les policiers qui se trouvaient à proximité. S'en prendre à des personnes en fauteuil roulant est de la lâcheté [...] On se rend au stade pour voir un spectacle, fraterniser avec les autres, pas pour la guerre. Je dis merci à l'OM de ne pas avoir égalisé, ni même d'avoir gagné, car je pense que nous aurions été lynchés.» Par chance, le délégué de l'UEFA était présent, et a promis qu'il rédigerait un rapport. Averti quelques minutes plus tard, le directeur de la sécurité de l'OM Guy Cazadamont monte avec des stadiers marseillais qui tentent de s'interposer pour ramener chacun à la raison. Mais là encore, il n'y a aucun dialogue, la guardia civil préférant les bousculer et les renverser. Sans tenir compte du rôle représentatif de Guy Cazadamont, et alors que trois semaines plus tôt les réunions habituelles d'avant-match sur la sécurité s'était déroulé parfaitement. Le directeur de la sécurité olympienne raconte: «À quoi ça sert que l'on fasse des réunions pour que tout se passe bien ? On est félicité par tout le monde et en deux minutes on fout tout en l'air. Ce qui s'est passé est inadmissible. Même moi je me suis retrouvé par terre. Nous avons quatre blessés plus un steward qui a les côtes cassées.» Pour éviter les coups et se défendre, les supporters marseillais prennent de la hauteur dans les gradins, et arrachent des sièges pour les jeter sur la police et les faire reculer. En voyant cette agitation inquiétante du terrain, les dirigeants marseillais décident de monter dans le parckage. Il se fallut de peu pour qu'ils ne se fassent frapper à leur tour, un stadier avertissant la police en faisant de grands gestes et criant "présidente ! présidente !". Immédiatement le président marseillais Pape Diouf ainsi que le directeur sportif José Anigo demandent l'évacuation de la guardia civil. Le calme revient petit à petit. Des supporters sont évacués et amenés à l'hôpital. 8 blessés au total. L'un d'eux a dix agrafes dans le cuir chevelu et plusieurs points de suture sur la main droite. Les dirigeants calment les esprits des supporters marseillais sous le choc. Durant le match, l'ambiance est tout aussi électrique. Elle se dégrade davantage au moment de l'égalisation de Mamadou Niang. De son côté l'entraineur madrilène ne cesse d'insuter Mathieu Valbuena depuis son banc. «Il m'a traité de "hijo de puta" et de "cabron". Je l'ai entendu répéter ça sans arrêt. Franchement, venant d'un entraîneur, ça m'a choqué. Un stadier ou un supporter, passe encore, mais un entraîneur, c'est assez choquant...» raconte Mathieu. Les supporters madrilènes eux poussent des cris de singe chaque fois qu'un joueur noir de l'OM touche le ballon. Un journaliste noir de LCM, Thierry Trésor, est aussi pris pour cible. »Dès que Zubar touchait le ballon, on entendait des cris de singe.» témoigne de nouveau René Poutet. «Puta negra, puta negra.» que l'on pouvaient entendre. À la fin du match, une partie du stade a entonné des «Sieg heil, sieg heil» (le "Salut à la victoire"nazi). Et en fin de soirée, quand le dernier bus de supporters s'apprête à partir (celui de Santos) la guardia civil débarque de nouveau. Elle monte dans le bus, et, sans raisons encore, se met à frapper subitement et violemment les personnes des 1ers rangs. Et c'est a ce moment qu'ils décident d'emmener Santos ...
▪ Une ambiance déjà pesante avant le match.
A leur arrivée aux alentours du stade, les supporters marseillais comprennent qu'ils ne sont pas les bienvenus. Ils étaient déjà pris en charge et encerclés de façon oppressante par la guardia civil qui étaient environ 150 à les escorter, dont pas mal d'entre eux étaient à cheval. «
Dès que y'en a un (supporter) qui faisait un pas de travers, tout de suite avec le cheval il allait dessus pour le mettre dans le rang» raconte René Poutet. La tension était palpable.
Témoigagne d'une supportrice.
▪ Des incidents louche et incompréhensible.
Si la banderole paraissait insultante, pourquoi l'avoir alors acceptée et faite rentrée au moment des fouilles ? C'est ce que racontre Guy Cazadamont stupéfait «Cette banderole avait été regardée avant le match, je ne comprends pas pourquoi ils l'ont laissée entrer puis ils l'ont enlevée». Certains par désarroi disent "ils voulaient simplement casser du supporter". D'autres racontent que c'était une sorte "d'entrainement" avant la récéption de Liverpool, sachant que les supporters anglais ont parfois le sang chaud. Mais voilà, le moment venu, à la fin du match Atlético Madrid-Liverpool, les supporters madrilène ont serré dans leur bras ceux du club anglais. Une provocation de plus ? Histoire de faire passer les marseillais pour des menteurs et de monrer à tous "regardez, nous sommes trés correct !" ? Du côté du club, au moment de repartir sur Marseille, les dirigeants apprennent que leur avion a interdiction de décoller. «En atterrissant à Madrid, le commandant de bord de l'avion, appartenant à la compagnie Aigle Azur, apprend que la compagnie pétrolière refuse de ravitailler l'avion, n'ayant pas d'accords signés avec elle, alors que les démarches nécessaires avaient été effectuées. Refusant d'appliquer les conventions internationales habituelles dans ce type de situation, le responsable de la compagnie pétrolière rejette la carte bancaire de la compagnie aérienne, basée à Marseille. Il demande soit une carte bancaire pétrolière, soit du cash. L'avion ayant besoin de 2 800 litres de fuel, il est demandé 3 300 euros en liquide à l'OM pour quitter l'Espagne. Les joueurs, le staff technique et médical et les dirigeants se sont alors cotisés pour réunir la somme nécessaire. Après près de trois heures de discussions avec le chef d'escale et le représentant de la compagnie pétrolière, les Olympiens ont pu décoller, atterrissant à Marseille à 4h10. Pascal Féraud, le commandant de bord, a présenté ses excuses : "C'est abracadabrantesque. Je n'ai jamais vécu cela de ma carrière." » nous explique La Provence. Juste rocambolesque.
Liens écrit: "La charge sauvage" de La Provence,
L'insupportable témoignagne" de La Provence,
"La soirée cauchemard" de La Provence,
"L'incroyable excès de zele" de La Provence,
"L'autre vidéo des incidents" de La Provence.,
"Victime à Marseille, hooligan à Madrid" de Lemonde.fr,
Reportage de Tf1 datant du 08 Novembre 2008,
"Libertad para Santos" de Footespagnol.fr,
Interview de Santos: Je suis innocent" de Footespagnol.fr,
"Interview d'un président en colère" de Lesdessousdusport.fr,
"Liberté pour Santos !" de cartonrouge.ch/fr Liens vidéo: Les faits en image,
"Témoignage vidéo du président" de om.net,
"Témoignagne vidéo de René Poutet" de om.net,
Par Alice.